Enso : l’art du cercle imparfait

Se déplacer le long d’une courbe permet de mieux circonscrire le monde que si l’on restait en un seul point au centre de soi-même. Autour du point se trace un cercle défini par son centre. Se décider comme centre prédétermine le tracé égocentrique du cercle. Refuser d’être le centre autour duquel se trace son cercle donne une chance d’explorer mieux le hors-cercle égocentrique. Au terme de son voyage sur la courbe, on pourra en déduire le vrai centre, le vrai sens, qui n’est jamais limité à soi-même.
L’univers étant infini, on ne terminera jamais sa courbe. Le chemin humain est imparfait: c’est pourquoi l’enso (“cercle”, en japonais) est un cercle ouvert. Pour trouver le chemin du nirvana, il faut sortir des dialectiques conflictuelles de petits paradigmes et trouver le cercle le plus large à parcourir, une fois que le centre n’est plus son propre ego.
Dans un monde en constante transformation, celui qui croit être dans le juste milieu cesse de l’être en solidifiant une position, en se figeant. Le juste milieu est un mouvement permanent autour d’un centre à chercher. Pendant le mouvement de sa quête, on se situe donc sur le cercle pour chercher le centre objectif, non dans le centre pour chercher le cercle subjectif.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s