Diabolislamisation – Les Musulmans sont-ils les nouveaux Indiens d’Amérique ?

Le mercredi 22 mai 2013, un homme a été tué à Londres à l’arme blanche par deux autres hommes. Ce n’est toutefois pas ce qu’on a pu lire exactement à ce sujet. J’ai entendu parler de cette histoire sur Twitter. Il était question d’un soldat britannique décapité à la machette par des musulmans hurlant « Allah akbar ». Lorsque j’ai lu l’article du Parisien, j’ai compris que le twittos avait déjà interprété, traduit et synthétisé l’événement à partir de son analyse du contexte politique actuel. Je propose un décryptage de ce fait qui n’est pas un fait divers compte tenu de sa résonance médiatique.

  • Deux musulmans ou deux britanniques ?

Lorsque que l’on parle d’un soldat britannique tué par deux musulmans, ce qui semble passer comme une lettre à la poste pour beaucoup m’apparaît comme l’expression d’une subjectivité déjà partiale. En effet, on pourrait distinguer les protagonistes selon leur nationalité ou selon leur religion. Ici, il y a un mélange des genres. Cette asymétrie identitaire semble opposer la nationalité britannique et la religion musulmane en les mettant sur le même plan. Pourtant ces deux musulmans ont bel et bien une nationalité.
Ils seraient Anglais et l’un deux aurait même un fort accent londonien. Les distinguer par la nationalité est donc impossible s’ils sont tous les trois des Anglais. On aurait pu chercher de quelle religion se réclamait le soldat tué, mais on ne le sait pas car il ne l’a pas dit publiquement, contrairement à ses meurtriers. On a pu définir les tueurs par leur religion car ils ont revendiqué religieusement cet assassinat en criant publiquement « Allah akbar ». On retiendra donc leur religion comme élément les dissociant de leur victime.
Si les tueurs sont plus musulmans qu’anglais, alors on dissocie les Musulmans de la population anglaise: ce ne serait pas des Anglais qui ont commis ce meurtre mais des Musulmans. En faisant cette dissociation, on extrait les Musulmans de la masse nationale, leur donnant un statut spécial: musulmans, pas britanniques, donc pas intégrés. Ce sont donc des étrangers qui viennent d’ailleurs, un ailleurs non-européen qui s’est invité en Europe. Cette stigmatisation des Musulmans, à partir d’un acte sanglant interprété politiquement, fait apparaître l’Islam comme un ennemi de la paix nationale, en symbolisant le Musulman comme un corps étranger qui est isolé et qui sera mis en quarantaine pendant son procès. En Europe, l’Islam apparaît comme un ennemi ou, plus précisément, est confirmé dans ce rôle d’idéologie du Mal.

  • Islam et violence

L’essentiel de la culture qu’a un Occidental sur l’Islam lui est apportée par les médias au travers du prisme de la violence. Je ne vais pas citer tous les exemples mais en voici quelques-uns: les persécutions des Coptes en Egypte, les actions armées de la Palestine contre Israël, les attentats du World Trade Center, et ce meurtre de soldat en Angleterre. Est-ce que le Coran justifie ces violences ? Il existe en tout cas des musulmans qui se positionnent contre le terrorisme. Qu’en est-il de la violence à un niveau plus local ? Le juste milieu se situant entre deux extrêmes, je vais commencer par partir d’idées extrêmes pour ensuite affiner.
Dans les pays musulmans, chaque citoyen ne passe pas ses journées à massacrer l’autre. Dans le pire des cas, on peut visualiser les Musulmans pacifistes comme une exception. Or, une exception réfute toute généralité absolue. L’Islam ne serait donc pas systématiquement un vecteur de violence. Dans le meilleur des cas, la majorité des Musulmans sont des gens non-violents. Est-ce qu’un musulman non-violent est un musulman qui n’a rien compris à sa religion ou l’inverse ? La position de Tariq Ramadan est très claire à ce sujet. Il ne souhaite pas réécrire le Coran mais en conteste l’interprétation la plus répandue qui considère les châtiments corporels comme un principe coranique. Il montre et démontre la contradiction effective entre l’application de ces peines et  « les finalités essentielles et supérieures » défendues par le Coran que sont « l’intégrité de la personne (an-nafs) et la promotion de la justice (al-‘adl) ».

  • La religion, un poison comme l’eau

Si l’Islam n’est pas une religion violente, alors la violence dans l’Islam ne serait qu’une violence malgré l’Islam. Même si les propos des médias induisent qu’un « terroriste islamiste » est un terroriste exprimant une violence au nom du Coran, on peut rejeter l’affirmation consistant à dire que ce serait les principes du Coran qui lui imposeraient de commettre des attentats et des meurtres. Toutes les religions ont un potentiel de violence si celui qui l’instrumentalise est violent au départ. Celui qui veut exprimer sa violence individuellement (agression isolée) ou sous forme collective (guerre) pourra trouver facilement des justifications, des arguments dans chaque religion. Si on considère toutes les guerres qu’a connues l’Histoire, il n’y a pas une seule religion qui n’ait pas fait l’usage de la violence: le Christianisme a eu ses Croisades, Israël qui est un Etat Juif a bombardé la Syrie et des Bouddhistes ont récemment tué des Musulmans en Birmanie.
On peut faire le procès des religions dans leur ensemble pour toutes les guerres qu’elles ont générées. On peut également reconnaître leurs bienfaits. La religion est comme un médicament: elle soigne si elle est bien dosée, et elle rend malade et peut même tuer si elle est mal manipulée. Il n’y a aucun concept qui soit un excès par essence. C’est l’être humain qui, par ses abus, peut tuer et se tuer avec n’importe quoi. Vous pensez que l’eau est bonne pour la santé ? En boire trop peut tuer. Tout est une question de dosage, de juste milieu. Des médicaments, un marteau, une voiture, une fenêtre du cinquième étage… Tout peut tuer. C’est l’action de l’Homme qui, par ses décisions, transforme l’objet en danger, le risque en réalité. On ne peut pas supprimer tout ce qui est dangereux car rien ne l’est dans l’absolu. Il serait donc vain de vouloir bannir toutes les religions. C’est l’Homme qui est son propre danger par ses abus. On ne peut que tenter de réguler ses pratiques afin de les maintenir dans un cadre raisonnable (sans danger, sans violence).
S’il est possible de convenir qu’aucune religion n’est fondée sur la violence, il faut également reconnaître qu’aucune religion n’y échappe. Et pourtant les médias semblent se focaliser sur l’Islam comme si c’était la seule source de violence et de terrorisme au monde.

  • La petite fenêtre sur le monde

Compte-tenu de mon expérience personnelle, de mes enquêtes et du hasard de mes rencontres, en France et ailleurs, il me semble que la majorité des Musulmans ont les mêmes aspirations et les mêmes vœux de paix que la majorité des non-Musulmans. Les médias français tiennent-ils un discours similaire ? On peut se poser la question de la conformité entre la représentation des Musulmans dans les médias et ceux que l’on peut croiser, connaître et avec qui on peut nouer des liens dans sa vie professionnelle, privée, dans la rue ou sur internet. Par ailleurs, il serait également facile d’oublier ceux que l’on ne connaît pas, ne rencontre pas, qui ne s’expriment pas et vivent leur Islam dans la discrétion, l’humilité et le silence. Ces Musulmans-là occupent leur place de citoyens, en France ou ailleurs, sans faire de leur spiritualité un combat public, personnel ou politique. Mais on n’entend que ceux qui font du bruit et dont le bruit est rapporté.
Les médias sont un filtre, un œil particulier, un intermédiaire entre le monde qu’il décrit et le public. Ce que l’on sait via les médias est donc orienté, selon les sensibilités idéologiques et les choix des rédacteurs en chef des journaux d’information. On considère qu’il y a des journaux qui ont des traditions d’engagement politique, par exemple à droite pour Le Figaro et à gauche pour Libération. Si on se limite à une seule source d’informations, on prend le risque d’injecter dans sa réflexion personnelle des éléments partiaux dont la source est subjective donc partiale donc contestable. Si on a un interlocuteur unique, on ne peut pas décider si on accepte ou rejette ce qui est dit: sans élément de comparaison, sans connaissance d’une contradiction possible, on n’a aucune raison de penser différemment car aucun moyen intellectuel de faire preuve de recul, de sens critique. Afin de ne pas se faire enfermer malgré soi dans le paradigme d’une idéologie qui nous abreuverait d’informations orientées politiquement, il est donc nécessaire de multiplier ses sources d’informations pour repousser les limites de ses préjugés. De plus, la nature des informations relayées par les médias sont souvent négatives quand il s’agit de politique internationale. Cette fenêtre anxiogène sur le monde est également un parti pris, pessimiste. Il faudra donc aller regarder ailleurs que dans le feu de l’actualité pour étudier au calme la culture musulmane et l’histoire des pays islamiques. En sortant du conditionnement médiatique occidental, on a alors une chance de comprendre pourquoi les médias se focalisent sur un risque islamique.

  • La victime était un Anglais

Un des deux meurtriers a expliqué avoir agi en représailles: « Nous jurons par Allah tout puissant que nous n’arrêterons jamais de vous combattre. Les seules raisons pour lesquelles nous avons fait ceci, c’est parce que des musulmans meurent chaque jour. Ce soldat britannique, c’est oeil pour oeil, dent pour dent. Nous nous excusons que des femmes aient vu ceci aujourd’hui mais dans nos pays nos femmes sont obligées de voir la même chose. Vous, peuple, ne serez jamais à l’abri. Changez vos gouvernants. Ils ne prennent pas soin de vous ». Ces criminels sont comparés à des « loups solitaires » plus qu’à des membres d’organisations terroristes. Toutefois leurs motivations se veulent politiques et ont un certain retentissement dans un contexte de guerre opposant d’une certaine façon le camp de l’Occident, mené entre autres par le Royaume-Uni, aux Musulmans.
Ces revendications font écho aux conflits entre l’Occident et le monde Arabomusulman (l’Afrique et le Moyen Orient) qui ont démarré en 2001. Depuis, 9000 militaires britanniques ont été envoyés en Afghanistan. Après les Etats-Unis, c’est le Royaume-Uni qui fournit le plus de soldats à l’OTAN. Les deux pays marchant conjointement dans les guerres menées contre le terrorisme, chaque action militaire américaine est non seulement cautionnée mais également soutenue par le gouvernement britannique. C’est cet actif soutien que les deux criminels dénoncent. De plus, en Libye, avec le concours de la France et des Etats-Unis, la Grande-Bretagne aurait procédé à des tortures et des meurtres, et il est même question de massacres de combattants pro-Kadhafi selon des méthodes qui semblent avoir inspiré les deux criminels de Woolwich. Expliquer les mécanismes logiques qui les ont conduits à commettre leur crime n’est en aucune façon une excuse de ce crime. Il n’est pas concevable d’excuser un crime, et essayer de le comprendre ne peut pas être assimilé à une tentative de justification.

  • Un humanisme qui utilise la violence

Tous ces crimes de sang, en Europe ou ailleurs, sont à condamner sans nuance. La position philosophique de toute personne se revendiquant humaniste universaliste ne peut déboucher que sur une condamnation de toute sorte de violence, sans être plus conciliant avec un type de victime plutôt qu’une autre, car un humanisme universel n’autorise pas le deux poids deux mesures d’un humanisme sélectif, qui est un humanisme à exceptions. Cet humanisme relatif est fermement récusé par les pacifistes car c’est un courant de pensée qui, par une hiérarchisation de l’importance des vies humaines, justifie le colonialisme, autorise moralement les guerres de colonisation contre une civilisation considérée inférieure.
En 1550, lors de la Controverse de Valladolid, s’opposèrent deux formes d’humanisme qui défendaient deux approches de la colonisation de l’Amérique. L’humanisme religieux de Sépulveda était moralisateur: il jugeait les pratiques des indigènes comme dangereuses pour eux-mêmes et défendait le concept de « justes causes de guerres » quand il s’agissait de faire changer en bien des Hommes. Au contraire, l’humanisme religieux de Las Casas était bienveillant: il ne souhaitait qu’une démarche prosélyte pacifiste. Las Casas voulait convertir les Indiens au nom de valeurs chrétiennes et fut quelque peu désappointé d’apprendre que la colonisation avait finalement totalement occulté cet aspect évangélique en bafouant les principes-mêmes de la religion en tuant et en réduisant les autochtones à l’esclavage.
Il fut conforté dans sa position humaniste par les déclarations d’Alonso de Zorita, juge espagnol ayant officié au Mexique, qui remettait en cause le qualificatif de barbare qu’attribuait le conquistador Cortès à la civilisation aztèque. En effet, selon la définition de la Bible, un barbare était un non-chrétien à convertir. Mais pour Zorita la définition de ce mot se devait d’être revue après sa réévaluation de la culture des colonisés: « Pourquoi les Aztèques sont-ils des barbares ? Si ce sont eux qui me parlent et que je ne comprends pas, je serai pour eux un barbare. »
Dans une lettre à Charles Quint, Motolinia, un des opposants à Las Casas, réclamait des conversions de force si c’était nécessaire: « Ceux qui ne voudraient pas recevoir de bon gré le saint Évangile de Jésus-Christ, qu’on le leur impose par la force ». Son totalitarisme religieux s’explique par son urgence de voir de nouveaux fidèles rejoindre le courant catholique pour l’aider à lutter face au nouveau courant protestant, né d’une scission du christianisme qui fut initiée par la réforme luthérienne démarrée au début des années 1520. On peut ainsi mieux comprendre son impatience quand il énonce son principe totalitaire: « mieux vaut un bien accompli de force qu’un mal perpétré librement. »

  • Les nouveaux conquistadors de l’Occident

Las Casas comparait les sacrifices humains aux combats de gladiateurs. Finalement, quelle civilisation était la plus barbare ? Selon lui, si la civilisation européenne de l’époque avait quelque chose à apprendre aux Indiens, c’était à eux de s’en inspirer de leur propre initiative, pas sous la contrainte de lois qu’ils ne reconnaîtraient pas puisqu’elles viendraient d’une autre civilisation que la leur, avec des valeurs répondant à un autre paradigme que le leur. Il n’avait aucun intérêt à changer leurs règles de vie.
Cinq siècles plus tard, on retrouve les mêmes ingrédients ethnocentriques de la colonisation religieuse de l’Amérique par les Espagnols: pour le bien des populations opprimées par des dictatures islamiques violentes qui appliquent des châtiments corporels, l’Occident veut convertir les pays musulmans à la démocratie. Cela pourrait se faire de manière pacifique, en traitant commercialement avec eux, leur faisant une place sur l’échiquier économique pour les faire sortir de la pauvreté et donc améliorer les conditions de vie de leurs peuples.
L’Occident et l’OTAN, à la manière d’un Motolinia, ont opté pour une solution moins pacifique: ils bombardent les hôpitaux, ils utilisent des armes atomiques au rayonnement radioactif dangereux pour l’environnement, ils bombardent des enfants en Afghanistan, ils tuent 100000 civils en Irak , ils tuent un porte-parole pacifiste et détruisent l’ensemble des bâtiments civils (hôpitaux, écoles, universités, routes) en Libye  tout en présentant une note de frais de 480 milliards de dollars pour reconstruire ces infrastructures de première nécessité qu’ils ont détruites eux-mêmes. La démocratie dans ces pays, tout comme la religion chrétienne en Amérique, devait apporter davantage de justice. La démocratisation et l’évangélisme ont tué comme les dictatures islamiques et les rites de sacrifice humain chez les Indiens. Ceux qui refusaient de mourir de la main de leurs bourreaux, sont-ils ingrats de protester quand ils meurent de la main de leurs sauveurs ?

  • Guerres démocratisantes: échec politique et échec philosophique

« Mieux vaut un bien accompli de force qu’un mal perpétré librement ». Voyons le résultat des guerres démocratiques menées par l’Occident, pour mesurer le bien accompli de force.
Aujourd’hui, la Libye a instauré la charia, c’est-à-dire la loi islamique utilisant les châtiments corporels. En avril 2013, un sondage annonce que 99% des Afghans veulent que la charia soit la loi de leur pays. L’an dernier, il y a eu 130 exécutions en Irak, on utilise la torture, la majorité des prisons sont en surcapacité, les veuves sont en proie à la prostitution…  En 2013, la majorité des musulmans sont favorables à la charia tout en estimant que la violence au nom de l’Islam n’est jamais justifiée .
Manifestement, les guerres n’ont pas converti leurs survivants au mode de vie occidental: ils semblent attachés à la logique de châtiments corporels. Cela confirme que la charia fait partie de leur culture et ne leur est pas imposée par leurs dirigeants. Si l’on veut voir la charia disparaître des pays musulmans, ce n’est pas son interdiction par un autre peuple qui fera changer les mentalités mais, tout comme la France en 1789, c’est un changement de mentalité qui aboutira à l’abolition de la charia.
Aujourd’hui, la France est fière de sa révolution car elle s’est déroulée en cohérence avec son Histoire et sa tradition philosophique qui avait fait son chemin. Il y avait une logique sociologique. Aucun autre peuple n’a aidé, épaulé, initié ce mouvement révolutionnaire d’origine spontané. Pour faire évoluer les mentalités, on utilise la guerre pour gagner du temps. Or cela relève d’une fainéantise intellectuelle puisqu’on remplace la pédagogie qui influence par la force qui contraint. Le bon choix doit être décidé par l’individu lui-même. Si on lui impose le bon choix de quelqu’un d’autre, on entrave sa liberté de conscience, même si ce bon choix convient à celui qui l’impose. Tout le monde veut être libre, mais il y a une contradiction à vouloir imposer aux autres sa propre façon d’être libre. La liberté, c’est la possibilité de choisir. La paix ne peut pas être imposée de l’extérieur par la violence, elle doit naître à l’intérieur par la réflexion.
On peut alors remettre en question la pertinence de ces guerres vu que les situations de départ, qui ont officiellement motivé ces interventions militaires, se retrouvent encore aujourd’hui. On peut également s’étonner du silence de l’OTAN au sujet de l’Arabie Saoudite, qui est une dictature violente mais qui n’a jamais été menacée ou même condamnée pour ses dérives.

  • Quel camp défendre ?

C’est le caractère exceptionnel en Europe du crime de Woolwich qui le rend si symbolique. Les dizaines de milliers de morts en Afghanistan, en Irak et en Libye représentent une quantité déshumanisée: il est plus simple pour un individu de s’identifier à un autre individu seul plutôt qu’à un nombre qu’il est difficile de se représenter intellectuellement. C’est un Européen qui est mort, donc les Européens s’identifient à lui car ils se reconnaissent dans cette victime dont ils visualisent une culture commune, un quotidien plus similaire aux leurs que celui d’un Afghan ou un Libyen.
On connaît également son nom: Lee Rigby. Son âge: 25 ans. Sa situation familiale: père d’un fils de 2 ans. Et un bout de son passé: il a servi en Afghanistan, en Allemagne et à Chypre. Dans l’autre camp, on ne parle que de civils, d’inconnus flous, sans visage et sans nom, sans statut social et sans passé, sans famille et sans vie. Le piège du manichéisme serait de prendre parti pour certaines victimes et pas d’autres, offensant ceux qui prennent parti pour d’autres victimes et pas certaines.
– Plutôt que de chercher à confronter numériquement cet unique soldat britannique aux nombreuses victimes des guerres démocratisantes, au nom des mathématiques;
– Plutôt que de vouloir prendre parti pour le pays ou le continent où l’on est né, au nom de la géographie;
– Plutôt que de vouloir prendre parti contre une culture, au nom de l’ethnocentrisme;
– Plutôt que de ne condamner que l’auteur des crimes de l’autre camp, au nom d’un humanisme sélectif;
– Plutôt que de vouloir convertir l’autre en soi et annihiler celui qui veut rester différent, au nom de la peur,
il semble plus juste de déplorer et dénoncer toutes les morts violentes, sans jamais justifier le moindre crime de sang ou agression physique de quelque nature que ce soit. Si nous arrivons à justifier certains de nos crimes, alors nous offrons un cadeau rhétorique à tous les humains qui peuvent à leur tour justifier des crimes en utilisant la même justification. Dire que nous pouvons tuer cautionne explicitement les assassinats de nos ennemis. Il faut être lucide et savoir ce qu’un deux poids deux mesures implique.
Les Etats-Unis, la France, l’Inde, le Pakistan et Israël détiennent la bombe atomique. Mais quand l’Iran veut développer son nucléaire domestique, tous les détenteurs de la bombe atomique s’insurgent. Il y aurait donc des pays qui méritent la bombe atomique et certains qui en feraient un mauvais usage et qui doivent en être privé. Si l’Iran possédait la bombe atomique, l’Occident le sanctionnerait d’une guerre préventive, pour se prémunir d’une agression qui n’a pas encore eu lieu, comme en Irak, en Afghanistan, en Libye et, plus récemment, en Syrie. Une guerre préventive, c’est la première agression, et son auteur ne peut donc pas invoquer la légitime défense car aucune attaque n’avait été lancée au préalable. Si vous vous faites attaquer pour quelque chose que vous pourriez faire, alors on se trouve en plein dans le procès d’intention.

Entre la violence religieuse musulmane et la violence politique occidentale, je refuse de choisir qui a raison. Pour résoudre un problème, il faut en analyser les causes. On peut expliquer sans justifier. Le meurtre de Woolwich, inadmissible et intolérable, est l’expression d’une révolte contre les actions militaires de l’Occident. Que se passerait-il si l’Occident arrêtait son ingérence dans les pays musulmans ? Si le but de cette ingérence était de convertir les peuples à la démocratie, c’est raté, cela ne fonctionne pas. Pourquoi continuer ? Les Etats-Unis ont souvent menti sur leurs motivations pour faire des guerres, alors cette excuse de démocratisation des pays islamiques pourrait n’être qu’un alibi pour avoir le support du peuple, nécessaire aux actions militaires à l’étranger. Aujourd’hui l’Occident riposte mais il subit peu d’agressions. Pour légitimer ses offensives, il anticipe des attaques d’un camp adverse. De peur d’être attaqué, l’Occident attaque en premier. Si on accorde le droit à l’Occident d’attaquer préventivement, pourquoi refuser aux pays musulmans de riposter ? Si l’Iran menait une guerre préventive, je ne vois pas comment argumenter contre sans expliquer que notre civilisation occidentale doit garder le privilège de la violence, au nom d’une supériorité civilisationnelle. L’Occident n’est pas contre l’usage de la violence puisqu’il l’utilise. L’Occident ne juge les violences comme monstrueuses que lorsqu’il en est la victime. Finalement, pour éviter la réalisation du fantasme d’une colonisation mondiale par les pays islamiques, l’Occident prend les devants, au nom du bien, et déclare la guerre à tous les pays islamiques.

Ceux qui prétendent tout savoir et tout régler finissent toujours par tout tuer.
– Albert Camus

8 comments

  1. veroniquegenest

    Je ne suis pas d’accord avec ce que tu dis dans cet article.
    Premier point. Qu’importe ce qu’ils sont ce qui importe c’est de quoi ils se revendiquent pour commettre l’horreur.
    Deuxièmement, tu appuies ta démonstration sur Tarik Ramadan qui pour moi est l’exemple du double discours et du mensonge.
    Troisièmement en ce qui concerne la focalisation des médias: le monde focalise sur le plus gros dénominateur commun et tu ne peux nier que la tentation Islamique d’imposer son hégémonie est responsable de beaucoup de conflits. Quand à ta comparaison sur les religions, si je te rejoins dans l’idée qu’elles ont toutes été coupables d’excès et ont servis de prétextes à l’homme pour asseoir son pouvoir, le Coran est la seule dite “incréé” et donc ne peut être modifié. Hors en ce qui concerne la violence elle est dans le texte et les sourates Mecquoises les plus douces sont abrogées alors que les dernières, meurtrières sont abrogeantes.
    Si je suis tout à fait d’accord avec toi sur le fait que la plupart des musulmans Français aspirent à vivre tranquille et en paix car moi aussi je les connais et ai de nombreux amis pour qui c’est le cas, je pense malheureusement que la minorité, qui, elle, désire le renouveau du Califat est la plus virulente et détentrice du pouvoir par l’argent.
    Je connais bien les média pour en avoir pâti et la façon qu’ils ont de rapporter les propos en mettant en exergue et hors contexte les mots qui frappent, mais je pense que si la balance penche d’un côté, en France, c’est plus en faveur de l’Islam, très préservé par rapport au Christianisme et au Judaïsme beaucoup plus malmenées. C’est ce constat qui me pousse à lire les informations aux travers de sources très différentes et contradictoires.
    Pour finir je pense que tu fais fausse route en pensant que c’est l’occident qui veut convertir l’Islam à la démocratie. Je pense que l’occident ne fais que se défendre et que si il y a des indiens dans l’histoire ce ne sont pas ceux que tu cites.
    Je te fais passer une vidéo d’un musulman Allemand qui s’est convertit au christianisme et qui est bien sur menacé car c’est aussi une dimension que tu oublies: Il n’y a pas de liberté si il n’y a pas de choix.

    • Enzo Clark

      “Premier point. Qu’importe ce qu’ils sont ce qui importe c’est de quoi ils se revendiquent pour commettre l’horreur.”

      Les opinions des gens importent peu, c’est la manière de les exprimer par la violence qui est à condamner sans nuance. Les homophobes, les racistes, les misogynes ou les gens qui ne supportent pas les vieux, ils pensent ce qu’ils veulent, c’est la liberté de conscience. La liberté qui entrave celle d’autrui, par contre, est une liberté abusive qu’il faut rééquilibrer vers un juste milieu. La violence peut émerger de n’importe quel être humain pour n’importe quel motif. L’Islam religieux et l’Islam politique sont deux choses différentes. Il y a des musulmans intégrés qui sont des citoyens. Et il y a en France des gens qui expriment une colère pour des raisons purement économiques et sociales. Si un musulman arabe chômeur se plaint, se plaint-il parce qu’il est musulman, arabe ou chômeur? Si on le réduit à sa religion, on reliera sa colère à l’Islam. Quand tu te plains de quelque chose, on dit pas que tu te plains au nom de ton statut de femme publique. Tu es un être humain et, en conséquence, tu as un avis sur certains sujets qui rejoint l’avis de beaucoup d’autres êtres humains, des femmes publiques ou inconnues, des hommes blancs ou noirs, des vieux et des jeunes. Tu es bien plus que ce que les autres voient de toi. Tu n’as pas une seule étiquette, mais il est plus simple pour tes détracteurs de te réduire à une conscience simpliste alors que chaque personne est complexe.

      “Deuxièmement, tu appuies ta démonstration sur Tarik Ramadan qui pour moi est l’exemple du double discours et du mensonge.”

      Jusqu’à ce jour, je n’ai jamais trouvé convainquant la moindre démonstration prouvant son double discours. Au contraire, tous les gens qui parlent de “double discours” utilise ce terme technique parce qu’ils présupposent qu’ils ont raison, mais ils peinent tellement à le démontrer qu’ils utilisent tous des moyens fallacieux. Cette malhonnêteté intellectuelle est évidente pour ceux qui ont utilisé ces mêmes subterfuges à l’université, pour tromper le professeur en essayant de bluffer quand on n’a pas assez travaillé le sujet. Caroline Fourest, dans son tête-à-tête avec Tariq Ramadan dans une émission de Frédéric Taddeï, n’a pas réussi à trouver les failles. Ce n’est pas parce qu’elle ne les a pas trouvées qu’il n’y en a pas, oui. Mais ce n’est pas non plus parce qu’elle n’a pas réussi à les trouver qu’elle les trouvera un jour. Jusqu’à ce jour, personne n’a prouvé de manière convaincante son double discours. Je ne suis un inconditionnel ni de personnes ni de religions ni de partis politiques ni d’équipes de football. Ce qui m’importe, c’est la cohérence et l’honnêteté dans le cadre de la défense de deux valeurs fondamentales: la liberté d’expression et la protection de son intégrité physique. J’adhère à toutes les démonstrations logiques qui ont pour but de défendre ces valeurs fondamentales et qui encouragent à les défendre.
      Le discours de Tariq Ramadan est tout sauf ambigu pour qui veut bien l’entendre sans être aveuglé par des certitudes préconçues. J’aurais pu ne jamais t’adresser la parole, parce que tu ne fais pas l’unanimité et des gens de mon entourage m’ont trouvé idiot de ne pas te trouver idiote. J’ai préféré me faire mon opinion moi-même. Mais j’ai dû faire preuve d’une force de caractère pour imposer mon indépendance et entendre tes mots pour ce qu’ils étaient et non apposer sur tes mots les préjugés que j’avais sur toi. J’ai fait la même chose avec toi et avec Tariq Ramadan: j’ai écouté les mots en m’affranchissant des opinions des autres. Je t’invite à en faire de même, juste pour pouvoir entendre vraiment le message pacifiste qu’il délivre. Si tu aimes Martin Luther King et Malcolm X, tu ne le trouveras pas si éloigné d’eux.
      Tu noteras au passage que tu as rebondi non pas sur ses arguments que j’ai cités mais sur l’image que tu te fais du personnage. C’est dommage, les arguments sont très dignes et ont un vrai bon effet sur les musulmans de France.

      “Troisièmement en ce qui concerne la focalisation des médias: le monde focalise sur le plus gros dénominateur commun et tu ne peux nier que la tentation Islamique d’imposer son hégémonie est responsable de beaucoup de conflits.”

      Ce sont les médias qui te disent ce qui est le plus gros dénominateur. Dans le champ que laboure l’agriculteur, l’Islam n’a aucune influence. La tentation Islamique d’imposer son hégémonie: l’hégémonie c’est quoi? Une tentation n’est pas une réalisation. Si tu es dans le procès d’intention, tu peux accuser tout le monde d’avoir envie de voler et tuer. On peut aussi t’accuser de théoriser l’infériorité morale et intellectuelle des musulmans. Si on s’en tient aux mots et aux actes, on a davantage de chance de ne pas effectuer des raisonnements logiques qui s’appuient sur du fantasme. Tous les conflits qui impliquent les Musulmans et l’Occident sont des guerres initiées par l’Occident. Jamais l’Afghanistan, l’Irak ou la Libye n’ont fait une déclaration de guerre ou n’ont attaqué un pays d’Europe. Et j’en suis ravi. Par contre, les habitants de ces pays-là n’ont pas eu notre chance et, eux, ont été attaqués. Au final, l’Occident, en anticipant une agression islamiste, devient le premier agresseur, et quel agresseur: il faut voir le nombre de morts dans chacun des pays que j’ai nommés ci-dessus. Une guerre est une usine à morts.

      “Quand à ta comparaison sur les religions, si je te rejoins dans l’idée qu’elles ont toutes été coupables d’excès et ont servis de prétextes à l’homme pour asseoir son pouvoir, le Coran est la seule dite “incréé” et donc ne peut être modifié. Hors en ce qui concerne la violence elle est dans le texte et les sourates Mecquoises les plus douces sont abrogées alors que les dernières, meurtrières sont abrogeantes.”

      La Bible contient des passages violents également qui ont justifié la colonisation sanglante de l’Amérique. On en arrive au problème de double lecture: on peut respecter l’esprit d’un texte sacré, ou s’en tenir à la lettre.Il y a une différence entre l’esprit et la lettre: l’esprit accorde la liberté de conscience à chacun, la lettre accorde moins de flexibilité et de tolérance. Las Casas voulait que l’on respecte l’esprit. Et finalement les Indiens ont été massacrés au nom du Christianisme en oubliant cet esprit. Pourtant, toi et moi, on connait des chrétiens conformes aux valeurs chrétiennes, et ce sont des gens qui ne conçoivent pas de tuer. C’est la démonstration que la religion peut être interprétée de plusieurs façons différentes. A aucun moment ceux qui massacraient les Indiens se sont dit qu’ils violaient la religion. Et pourtant… Ce n’est pas le livre qui est coupable, c’est l’homme à la lecture orientée qui peut justifier sa propre violence. Donne un livre religieux à un fou: ça ne le sauvera pas. Donne un livre religieux à une personne mesurée: ça n’en fera pas un assassin.
      Nous sommes à nouveau en 1550 et l’Occident a le choix entre communiquer des valeurs par la pédagogie ou exterminer ceux qui n’ont pas les mêmes coutumes et rites. Je suis un fervent défenseur de la pédagogie au détriment de l’usage de la force car je préfère ce qui est efficace. Et il se trouve que la violence, en plus d’être inefficace, est douloureuse. La violence ne sert qu’à éloigner l’inconnu qui fait peur. J’avais peur de gens de couleurs, autrefois, et j’en ai rencontrés et j’ai vu qu’il n’y avait rien de particulier avec eux. J’avais peur des musulmans, autrefois, et j’en ai rencontrés et j’ai vu qu’il n’y avait rien de particulier avec eux. J’avais peur des homosexuels, autrefois, et j’en ai rencontrés et j’ai vu qu’il n’y avait rien de particulier avec eux. Pendant que je nourrissais ces craintes fantasmées, mes semblables n’étaient pas irréprochables. Je les voyais, tout blancs et tout Français comme moi, être condescendants et agressifs. J’en suis arrivé à la conclusion suivante: les comportements des gens sont imprévisibles mais ils ont toujours envie que ça se passe bien et ça se passe mal quand ils se sentent menacés.
      Le Coran n’a pas a être modifié. Un livre sacré est une création divine et on ne peut pas changer les mots. Par contre, on peut faire changer l’interprétation générale, pour empêcher les gens de justifier des crimes par les textes religieux. Des pédagogues, dont Tariq Ramadan, l’expliquent aux Musulmans.

      “Si je suis tout à fait d’accord avec toi sur le fait que la plupart des musulmans Français aspirent à vivre tranquille et en paix car moi aussi je les connais et ai de nombreux amis pour qui c’est le cas, je pense malheureusement que la minorité, qui, elle, désire le renouveau du Califat est la plus virulente et détentrice du pouvoir par l’argent.”

      Ceux qui ne respectent pas la loi doivent être jugés pour ce qu’ils font. On ne peut pas condamner des gens pour ce qu’ils sont, il faut des éléments convaincants. Les enquêtes policières aboutiront aux démantèlements d’organisations criminelles. Laissons faire la police et la gendarmerie.

      “Je connais bien les média pour en avoir pâti et la façon qu’ils ont de rapporter les propos en mettant en exergue et hors contexte les mots qui frappent, mais je pense que si la balance penche d’un côté, en France, c’est plus en faveur de l’Islam, très préservé par rapport au Christianisme et au Judaïsme beaucoup plus malmenées. C’est ce constat qui me pousse à lire les informations aux travers de sources très différentes et contradictoires.”

      Je suis d’accord que donner l’impression qu’une communauté est intouchable est inéquitable. Les discriminations positives sont faites pour rendre la justice, mais si des gens se sentent discriminés négativement de ne pas être discriminés positivement, on se retrouve avec un désordre que l’on cherchait à résoudre avec ces discriminations positives. Tu trouves que les médias sont en faveur de l’Islam? Cela te révolte? Finalement, les médias détériorent l’image du Musulman, quoi qu’ils fassent, car ils sont constamment dans l’excès et la caricature: le Musulman est un méchant sanguinaire ou un ange altruiste? Ni l’un, ni l’autre. En France, il est comme tous les autres citoyens de la République.
      Si on se détourne quelques instants des processus sociaux et des argumentaires médiatiques. Dans le fond, qu’est-ce que l’on veut? L’égalité. Mais pour revendiquer l’égalité, il ne faut pas donner l’impression que l’on veut plus que l’égalité. Pourquoi a-t-on l’impression que certaines communautés veulent avoir une sorte de monopole? Il y a la convergence de procès d’intention mutuels qui créent une escalade entre la suspicion et la lassitude de cette suspicion. Avec des privilèges, on serait en sécurité, on n’aurait plus rien à craindre de procès d’intention. Sans ressources morales personnelles, on veut un coup de pouce parce qu’on se sent insuffisant. Ceux qui ont une dignité et n’optent pas pour une position victimaire se comportent comme n’importe quel autre citoyen. Il n’a pas besoin d’exprimer un complexe, n’a pas besoin de compenser son sentiment d’infériorité par l’expression d’un complexe de supériorité. C’est d’ailleurs là que Tariq Ramadan agit: il explique aux Musulmans qu’il faut arrêter de se plaindre et qu’il faut agir normalement comme un citoyen lambda, qu’il faut s’intéresser aux sujets importants comme la santé et l’école. Il dénonce également ces musulmans qui ne font que revendiquer des mosquées et réclamer du hallal, et qu’on n’entend plus quand il s’agit de questions non-religieuses. La responsabilisation citoyenne aide à ne pas se complaire dans un fatalisme victimaire, car cet état de passivité fait qu’on attend tout des autres.

      “Pour finir je pense que tu fais fausse route en pensant que c’est l’occident qui veut convertir l’Islam à la démocratie. Je pense que l’occident ne fais que se défendre et que si il y a des indiens dans l’histoire ce ne sont pas ceux que tu cites.”

      Ce n’est pas moi qui pense que l’Occident veut convertir les pays islamiques en démocratie. “Les guerres démocratiques”, qui a inventé le concept? L’Occident veut se défendre de quoi? Il n’y a jamais aucune déclaration de guerre d’un pays islamique. Les seuls pays à ne pas se faire détruire sont les pays de l’Occident. Nous, dans nos canapés européens, approuvons des interventions militaires qui tuent des civils. C’est grave et je pense qu’au lieu de justifier certaines violences et d’en condamner d’autres, il est moins injuste de toutes les dénoncer. Notre position d’Occidentaux nous fait trouver un peu trop acceptable que des populations soient bombardées au nom de notre défense. Si l’Iran veut anticiper une attaque américaine, et lance une guerre préventive à son tour, quel argument avancer pour contester ce droit que s’accorde les Etats-Unis, l’OTAN et Israël maintenant? Si on comparait cette situation à du sport, on aurait une équipe de football qui aurait le droit de prendre le ballon à la main et pas l’autre: les supporters de l’équipe des tricheurs riraient de ce privilège, mais les supporters de l’autre équipe se sentiraient bafoués. Pourquoi deux poids deux mesures?

      “Je te fais passer une vidéo d’un musulman Allemand qui s’est convertit au christianisme et qui est bien sur menacé car c’est aussi une dimension que tu oublies: Il n’y a pas de liberté si il n’y a pas de choix.”

      Oh je n’oublie pas cette dimension. La liberté, c’est le choix. Imposer sa façon de penser à quelqu’un d’autre, ce n’est pas de l’altruisme, c’est du totalitarisme. Nous sommes bien d’accord là-dessus. Et… tu sais quoi? C’est exactement la position de Tariq Ramadan également. Ma réponse ici a des faux airs de plaidoyer en sa faveur! Tant pis. Tariq Ramadan récuse la peine de mort consécutive à l’apostasie, mais il a beaucoup d’opposants.
      http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/17/02/38/Tareq_Ramadan_remet_en_cause-le-verdict-de-l-apostasie-PDF-.pdf
      Ce n’est pas un combat perdu d’avance, mais il a fallu du temps pour que la France devienne ce qu’elle est et abolisse la peine de mort. Il faut du temps. En attendant, il faut arrêter les guerres préventives dont les justifications ne tiennent pas souvent debout.

  2. veroniquegenest

    “Les opinions des gens importent peu, c’est la manière de les exprimer par la violence qui est à condamner sans nuance. Les homophobes, les racistes, les misogynes ou les gens qui ne supportent pas les vieux, ils pensent ce qu’ils veulent, c’est la liberté de conscience. ( … ) Tu es bien plus que ce que les autres voient de toi. Tu n’as pas une seule étiquette, mais il est plus simple pour tes détracteurs de te réduire à une conscience simpliste alors que chaque personne est complexe.”

    Sur ce premier paragraphe nous somme entièrement d’accord à tout point de vue.

    En ce qui concerne le couplet sur Tarik Ramadan je veux juste te faire écouter cet extrait de documentaire sur Tarik Ramadan. Libre à toi de penser que les gens interviewés mentent. Ce sont tous des personnes qui n’avaient aucune raison de lui en vouloir à la base bien au contraire dirais- je.
    Je rajouterai à cela que la chaire qu’il occupe à Oxford est une chaire achetée par le Qatar. http://www.dailymotion.com/video/xgwy0q_tariq-ramadan-et-les-freres-musulmans_news#.UaG7ppU5igQ
    Maintenant libre à toi te te laissez berner ( à mon sens bien sûr ) par ce spécialiste de la taquia et très loin de l’honnêteté de Martin Luther King mais je pense que sans se revendiquer de lui nous pouvons continuer à dialoguer. (Moins sûre de l’intégrité de Malcolm X )

    “Ce sont les médias qui te disent ce qui est le plus gros dénominateur. Dans le champ que laboure l’agriculteur, l’Islam n’a aucune influence. La tentation Islamique d’imposer son hégémonie: l’hégémonie c’est quoi? Une tentation n’est pas une réalisation. Si tu es dans le procès d’intention, tu peux accuser tout le monde d’avoir envie de voler et tuer.( ….) Au final, l’Occident, en anticipant une agression islamiste, devient le premier agresseur, et quel agresseur: il faut voir le nombre de morts dans chacun des pays que j’ai nommés ci-dessus. Une guerre est une usine à morts.”

    Alors là je ne suis pas du tout d’accord avec toi mais n’ai pas envie de jouer à qui a commencé car nous pourrions remonter très loin. Pourquoi reprendre toujours le cours de l’histoire à l’endroit qui fait le moins mal. N’oublions pas que les conquêtes arabo-musulmanes sont remontées jusqu’à Poitier et jusqu’à Vienne. De tout temps le désir de l’Islam a été la conquête pour imposer le Califat. C’est dans ses textes, Il est du devoir d’un musulman de convertir et d’imposer la loi Islamique qui est la loi de Dieu, (disent ils) et c’est ce que l’histoire nous enseigne. Je pense que tu n’en connais que ce qu’on t’as raconté comme tant de croyants de ce culte d’ailleurs et je dirai presque tant mieux.
    Ce qui n’enlève rien aux désirs de conquête de l’occident. Mettons cela à 50/50.
    Pour ce qui est des attaques, prenant le terrorisme comme un acte de guerre je pense que l’Europe comme Les états unis ont été largement attaquées et si voler aux secours de pays qui le demandent est une agression posons nous la question de ce qu’il serait advenu de la guerre et du génocide des Juifs de 39/45 si nous avions eu le courage de réagir plus tôt.
    Quand au fait que les guerres sont des usines à morts, j’en suis bien consciente et ne rêve que d’une chose, la paix pour chacun, le respect de son prochain et de sa foi ou de sa non-foi, la liberté de penser et l’arrêt de toutes formes de violence.

    “Je suis d’accord que donner l’impression qu’une communauté est intouchable est inéquitable. Les discriminations positives sont faites pour rendre la justice, mais si des gens se sentent discriminés négativement de ne pas être discriminés positivement,(…) car ils sont constamment dans l’excès et la caricature: le Musulman est un méchant sanguinaire ou un ange altruiste? Ni l’un, ni l’autre. En France, il est comme tous les autres citoyens de la République. Si on se détourne quelques instants des processus sociaux et des argumentaires médiatiques. Dans le fond, qu’est-ce que l’on veut? L’égalité. Mais pour revendiquer l’égalité, il ne faut pas donner l’impression que l’on veut plus que l’égalité. Pourquoi a-t-on l’impression que certaines communautés veulent avoir une sorte de monopole? Il y a la convergence de procès d’intention mutuels qui créent une escalade entre la suspicion et la lassitude de cette suspicion. Avec des privilèges, on serait en sécurité, on n’aurait plus rien à craindre de procès d’intention. Sans ressources morales personnelles, on veut un coup de pouce parce qu’on se sent insuffisant. Ceux qui ont une dignité et n’optent pas pour une position victimaire se comportent comme n’importe quel autre citoyen. Il n’a pas besoin d’exprimer un complexe, n’a pas besoin de compenser son sentiment d’infériorité par l’expression d’un complexe de supériorité”

    Tu touches là, à mon sens, un point fondamental : La mise en exergue de certains phénomènes qui en deviennent encore plus épidermiques. C’est ce que nous vivons actuellement avec l’homophobie, l’Islamophobie, antisémitisme, la Christianophobie. La remontée du communautarisme n’est pas bonne pour un pays démocratique. Il ne peut y avait qu’une nation. Les gens ont du mal à comprendre cette barrière comme ils ont du mal à comprendre le véritable sens du mot laïcité.Si la laïcité impose la séparation de la religion et de l’état, c’est de son pouvoir politique dont nous parlons. Elle respecte tous les dogmes et ne nous demande pas de renier nos origines par soucis d’égalité mais ces derniers temps, la volonté (d’une minorité certes mais omniprésente) de nous imposer le reniement de notre passé, de ce qui nous à fait en s’attaquant à nos fêtes et à nos traditions, ne fait qu’amplifier le ressentiment et le repli communautaire. Surtout quand on sait que la réciprocité dans les pays du Moyen Orient n’existent pas.

    “C’est d’ailleurs là que Tariq Ramadan agit: il explique aux Musulmans qu’il faut arrêter de se plaindre et qu’il faut agir normalement comme un citoyen lambda, qu’il faut s’intéresser aux sujets importants comme la santé et l’école. Il dénonce également ces musulmans qui ne font que revendiquer des mosquées et réclamer du hallal, et qu’on n’entend plus quand il s’agit de questions non-religieuses. La responsabilisation citoyenne aide à ne pas se complaire dans un fatalisme victimaire, car cet état de passivité fait qu’on attend tout des autres.”

    Bien sûr que je ne suis pas d’accord avec ce que tu dis là, persuadée que je suis que cet homme, comme ses frères musulmans sur lesquels il y a avait un excellent reportage la semaine dernière sur FR3, pratiquent le mensonge et l’endormissement.
    En ce qui concerne la liberté et le choix je savais que nous serions d’accord, je te sens un homme droit et honnête et ai beaucoup de plaisir à te lire et à converser avec toi.
    Bon Dimanche. Moi je me mets au boulot.

    PS: En ce qui concerne l’orthographe j’ai une légère dyslexie orthographique, alors soit indulgent, même en faisant attention il se peut fort qu’il en reste.

    • Enzo Clark

      “En ce qui concerne le couplet sur Tarik Ramadan je veux juste te faire écouter cet extrait de documentaire sur Tarik Ramadan. Libre à toi de penser que les gens interviewés mentent. Ce sont tous des personnes qui n’avaient aucune raison de lui en vouloir à la base bien au contraire dirais- je.
      Je rajouterai à cela que la chaire qu’il occupe à Oxford est une chaire achetée par le Qatar. http://www.dailymotion.com/video/xgwy0q_tariq-ramadan-et-les-freres-musulmans_news#.UaG7ppU5igQ
      Maintenant libre à toi te te laissez berner ( à mon sens bien sûr ) par ce spécialiste de la taquia et très loin de l’honnêteté de Martin Luther King mais je pense que sans se revendiquer de lui nous pouvons continuer à dialoguer. (Moins sûre de l’intégrité de Malcolm X )”

      Je ne me revendique de personne. Je ne prends pas parti pour des gens par principe, je prends parti pour des idées, car je suis indépendant et n’ai pas aucun intérêt personnel à défendre via un groupe politique ou religieux auquel j’appartiendrais.
      Je suis étonné que tu ne me rapportes que des témoignages sur Tariq Ramadan. Si tu ne te fais pas assez confiance pour lire et écouter ses paroles réelles, tu bases ton avis sur l’opinion d’autres gens. Le sens critique, c’est d’abord savoir remettre en question ses méthodes d’acquisition d’informations. Le discours victimaire de Tariq Ramadan, s’il a un jour existé, a complètement disparu. Toutes les interprétations sur ses propos sont déjà réalisées avant consultation des éléments tangibles. Il s’est expliqué sur sa filiation avec les Frères Musulmans, mais tu n’as pas entendu ses mots, tu as voulu entendre ce que tu avais déjà compris. Et tout ce qui allait à l’encontre de ta thèse était assimilé à ta thèse en passant pour un mensonge. L’argument unique contre lui, c’est sa famille: pour convaincre son auditoire, il devrait tirer à boulets rouges sur sa famille. Or, il ne hiérarchise pas la noblesse intellectuelle, il suit son cheminement spirituel au point d’en arriver aujourd’hui à se mettre une grande partie des Musulmans intégristes contre lui. J’aimerais juste que tu m’expliques comment il fait pour soutenir la position traditionnelle des Frères Musulmans en réclamant un moratoire sur les châtiments corporels. Tu as vu le document pdf que je t’ai suggéré dans mon précédent commentaire: il est loin de faire l’unanimité car il est évidemment perçu comme un traître européanisé qui veut aligner les pratiques islamiques sur les pratiques européennes, il est perçu comme un soumis.
      Libre à toi de te référer sempiternellement aux commentateurs de ses textes. Si je m’en étais tenu aux commentateurs de Véronique Genest, jamais je ne t’aurais parlé. Mon principe est simple: pour juger, on utilise des témoins et des preuves contradictoires sans rejeter d’office une thèse. Il y a ceux qui veulent prendre le pari qu’ils ont raison, et il y a ceux qui étudient tous les documents à leur disposition et qui écoutent à la fois les détracteurs mais aussi les partisans.
      Pour arrêter le procès d’intention, il faut regarder ce qui est, pas ce qu’on craint.
      Question: comment peux-tu être sûre de l’intégrité de Malcolm X?

      “Alors là je ne suis pas du tout d’accord avec toi mais n’ai pas envie de jouer à qui a commencé car nous pourrions remonter très loin. Pourquoi reprendre toujours le cours de l’histoire à l’endroit qui fait le moins mal. N’oublions pas que les conquêtes arabo-musulmanes sont remontées jusqu’à Poitier et jusqu’à Vienne. De tout temps le désir de l’Islam a été la conquête pour imposer le Califat. C’est dans ses textes, Il est du devoir d’un musulman de convertir et d’imposer la loi Islamique qui est la loi de Dieu, (disent ils) et c’est ce que l’histoire nous enseigne. Je pense que tu n’en connais que ce qu’on t’as raconté comme tant de croyants de ce culte d’ailleurs et je dirai presque tant mieux.
      Ce qui n’enlève rien aux désirs de conquête de l’occident. Mettons cela à 50/50.”

      Je vais être concis et catégorique: on ne contient pas du colonialisme avec du colonialisme.
      Défends-tu la doctrine du “oeil pour oeil, dent pour dent ?” Alors oui, ce n’est pas exactement ça, puisque l’Occident veut contenir des attaques islamiques, donc prévenir et non pas guérir. Le problème, c’est que rater le juste milieu leur fait donner de nouvelles raisons aux islamistes d’avoir envie de se rebeller, avec d’horribles éléments à leurs dispositions: l’Occident tue, peu importent les motifs officiels ou officieux, il tue. Tuer pour son propre bien, c’est noble et rassurant quand on fait partie du camp de celui qui tue. Combien de morts en France dans la guerre contre la Libye? Combien de morts en Libye dans la guerre sur son territoire? Il est trop facile d’estimer une guerre juste ou pas tout en sirotant une limonade sur sa terrasse. Je ne dis pas que la vie des Libyens vaut plus que la vie des Français, je dis qu’elles valent la même chose. L’Occident a davantage de pouvoir militaire, il devrait l’utiliser à meilleur escient pour contenir et non pas assassiner massivement et littéralement raser le pays. On tue ce qu’on ne peut pas convertir: Ramadan est Las-Casasien dans sa position pacifiste, Bernard Henri-Levy est Sepulvedien dans sa revendication de la guerre pour sauver des peuples d’eux-mêmes, tout comme Sepulveda voulait interdire aux Aztèques de pratiquer le sacrifice humain… quitte à les tuer. Qui défendait la vie? Las Casas.

      “Pour ce qui est des attaques, prenant le terrorisme comme un acte de guerre je pense que l’Europe comme Les états unis ont été largement attaquées et si voler aux secours de pays qui le demandent est une agression posons nous la question de ce qu’il serait advenu de la guerre et du génocide des Juifs de 39/45 si nous avions eu le courage de réagir plus tôt.”

      Venir au secours d’un pays, c’est venir au secours de sa constitution. Si des terroristes demandent de l’aide pour faire basculer un régime, que faut-il faire? Si ces terroristes étaient des Jean Moulin, de simples résistants contraints à l’action violente pour, tout comme l’Occident, se prémunir contre leurs propres morts et défendre leurs libertés? Je donne l’impression de tout mélanger parce que je suis impartial: je ne veux pas me retrouver à justifier des violences faites contre l’Occident, donc je ne peux pas justifier des violences faites par l’Occident. Toutes les rhétoriques justifiant la violence qui te plaisent et convainquent peuvent être reprises par l’adversaire: a-t-il les mêmes droits légitimes que ton camp ou doit-il faire profil bas parce que l’Occident est notre camp à nous et notre civilisation supérieure?
      Pourrais-tu justifier des génocides de peuples entiers pour empêcher une armée et ses dirigeants de réaliser un génocide? Il faut viser le juste milieu et être cohérent en dénonçant toute forme de violence au nom du bien: personne ne revendique le mal comme but, le mal est un moyen d’arriver au but. Sauf que la violence est une méthodologie qui ne marche qu’avec un goût amer, celui d’avoir dû assassiner son opposant parce qu’on n’a pas eu la patience des arguments.

      “Quand au fait que les guerres sont des usines à morts, j’en suis bien consciente et ne rêve que d’une chose, la paix pour chacun, le respect de son prochain et de sa foi ou de sa non-foi, la liberté de penser et l’arrêt de toutes formes de violence.”

      Je condamne, avec la même sévérité humaniste, les usines à morts des conquêtes arabes, des Croisades chrétiennes, de l’armée nazie et de l’OTAN. Je suis cohérent: que pourrais-je dire à un humaniste musulman s’il me dit que je m’oppose à toutes les violences SAUF celles de mon camp? Aurais-je l’air très sérieux dans ma philosophie humaniste à exception? Est-ce que les Musulmans d’Afrique et d’Orient sont des Hommes? S’ils ne le sont pas, alors nous pouvons continuer d’être humaniste et de cautionner des guerres contre eux. S’ils sont des hommes, je ne vois pas pourquoi nous appliquons contre eux des méthodes qui nous feraient horreur si c’était eux qui les appliquaient contre nous.

      “Tu touches là, à mon sens, un point fondamental : La mise en exergue de certains phénomènes qui en deviennent encore plus épidermiques. C’est ce que nous vivons actuellement avec l’homophobie, l’Islamophobie, antisémitisme, la Christianophobie. La remontée du communautarisme n’est pas bonne pour un pays démocratique. Il ne peut y avait qu’une nation. Les gens ont du mal à comprendre cette barrière comme ils ont du mal à comprendre le véritable sens du mot laïcité.Si la laïcité impose la séparation de la religion et de l’état, c’est de son pouvoir politique dont nous parlons. Elle respecte tous les dogmes et ne nous demande pas de renier nos origines par soucis d’égalité mais ces derniers temps, la volonté (d’une minorité certes mais omniprésente) de nous imposer le reniement de notre passé, de ce qui nous à fait en s’attaquant à nos fêtes et à nos traditions, ne fait qu’amplifier le ressentiment et le repli communautaire. Surtout quand on sait que la réciprocité dans les pays du Moyen Orient n’existent pas.”

      Je suis entièrement d’accord. La réciprocité et le multiculturalisme a du mal à prendre dans les pays islamiques. Montrons le bon exemple, au lieu d’être, une fois de plus, incohérents en réclamant d’abord de l’autre ce qu’on n’est pas capable de faire soi-même. La France a beaucoup de mal avec la laïcité, la définition du terme et donc son application. Nous avons aujourd’hui des gouvernements qui jouent sur les divisions communautaires pour susciter la passion et transformer des passionnés en électeurs. Les lois antidiscriminations sont les premières lois qui discriminent en montrant du doigt ceux qu’il ne faut pas discriminer. Y a-t-il des supercitoyennetés et des citoyennetés, des citoyennetés et citoyennetés de deuxième catégorie? Je crois que nous avons donc le devoir de défendre des principes humanistes universalistes, nous qui comprenions l’égalité entre chaque communauté. La laïcité, c’était le refus d’un intermédiaire religieux entre l’Etat et le citoyen. Une communauté qui s’exprime, c’est la défaite de la laïcité. Il faut se souvenir de l’esprit de la laïcité, pas seulement appliquer la lettre à l’adresse des religions. C’est ça, la vraie cohérence.

      “Bien sûr que je ne suis pas d’accord avec ce que tu dis là, persuadée que je suis que cet homme, comme ses frères musulmans sur lesquels il y a avait un excellent reportage la semaine dernière sur FR3, pratiquent le mensonge et l’endormissement.”

      Tu ne lui fais pas confiance, c’est dans ta tête, dans tes tripes, et ce n’est pas bien important finalement. Défendre un homme qui a une position symbolique me ferait adopter une position de croyant qui se bat pour la lettre, et non plus pour l’esprit. Il n’est pas l’ambassadeur de mes valeurs, nous partageons les mêmes valeurs. Je ne souhaite pas me battre pour sa réhabilitation car l’humanité est bien plus grande qu’un seul homme.

      “En ce qui concerne la liberté et le choix je savais que nous serions d’accord, je te sens un homme droit et honnête et ai beaucoup de plaisir à te lire et à converser avec toi.
      Bon Dimanche. Moi je me mets au boulot.”

      L’important est de nous faire confiance mutuellement et d’avoir compris qu’aucun de nous n’essayait de manipuler l’autre. Nous sommes libres! Il est reposant est agréable de parler avec des gens qui sont de notre avis, mais il est plus enrichissant de parler avec quelqu’un qui met au défi ses principes et démonstrations. Vu qu’on ne se braque pas, on visualise l’humanité de la personne et on n’a jamais eu besoin de s’insulter pour soulager notre frustration. C’est mieux ici que dans la cour de récré, quand même!
      Bon dimanche à toi aussi.

      “PS: En ce qui concerne l’orthographe j’ai une légère dyslexie orthographique, alors soit indulgent, même en faisant attention il se peut fort qu’il en reste.”

      Le fond importe plus que la forme. Je suis convaincu que je n’ai jamais mal compris ton propos du fait de ce problème… que je n’ai pas du tout remarqué d’ailleurs! Il n’y a absolument aucun souci.

  3. enthuoli

    Ce concept de “diabolislamisation” est une des petits cousins du trait de génie de la dernière théocratie inquisitrice du monde, à savoir l’islamophobie ( http://djavann.wordpress.com/2007/05/07/islamophobie-un-terme-invente-par-les-mollahs-iraniens/ ) qui est l’arme pour museler toute critique sur l’islam (comme le montre http://www.youtube.com/watch?v=5qAxl31jkP0 ), critique qui n’est pas muselée quad il s’agit d’une autre religion ou système politique. Par contre l’islam, diabolise ses apostats et les non-musulmans comme les cooptes d’Egypte où les chrétiens de Somalie qui fait l’objet d’un génocide.

    L’islam est politique avant d’être religieux et valorise ses normes dans ses projets de constitution:
    1) mise à mort des religieux autres que monothéistes, des athées, des ex musulmans et des musulmans réformateurs trop peu nombreux.
    2) peines physiques comme la lapidation, le fouet, l’amputation croisée, l’excision et la circoncision
    3) esclavage des peuples conquis et viol des femmes, même mariées, des peuples conquis disponibles sans limites
    4) soumission des juifs et des chrétiens à un rang de citoyen inférieur.
    5) statut inférieur de la femme (4 épouses, 1/2 voix lors de témoignage, 1/2 part d’héritage, peut être frappée à souhait par le mari)
    6) mariage forcé et mariage de mineures.
    7) devoir d’expansion de l’islam pour tout musulman par la guerre ou la ruse.
    8) interdiction de la caricature et de la critique de la religion.
    9) La loi des hommes ne fait pas foi devant les lois divines de la foi islamique.
    10) la maltraitance animale , les animaux suppliciés de l’ abattage halal et de l’ Aid !!
    11) l’oppression de l’homosexualité

    Pourquoi n’y a-t-il aucune ex-musulman qui manifeste un expérience positive de son expérience mais au contraire les mots les plus durs?
    http://www.youtube.com/watch?v=Wwxu3zpcm-I (1)
    http://www.youtube.com/watch?v=YIcQQoicUhQ (2)

    Voici une liste d’ex-musulmans et de non-musulmans issus de pays musulmans pour lesquels cela vaut la peine d’effectuer une recherche sur Internet
    Chardorrt Djavann, Simon Deng, Sami Aldeeb ( http://www.dailymotion.com/video/xleau3_conference-centre-st-paul-de-sami-aldeeb-sur-la-liberte-d-expression-dans-le-monde-arabo-musulman_news#.UaIW8UBM_oI et http://www.sami-aldeeb.com/articles/view.php?id=304&action=french-la-liberte-d-expression-face-au-religieux-dans-le-monde-arabo-musulman le Dr Aldeeb est l’auteur de http://www.amazon.fr/Coran-traduction-fran%C3%A7aise-chronologique-abrogations/dp/288108849X ) Henri Boulad, Hamid Zanaz, Pascal Hilou, Ayaan Hirsi Ali, Ibn Warraq, Makek Sibali Dr Zuhdi Jasser, Dr Tawfik Hamid, Dr Wafan Sultan, Nonie Darwish (http://www.dailymotion.com/video/x8indo_nonie-darwish-sur-l-islam_news#.UaIZVEBM_oJ et http://www.dailymotion.com/video/x36wke_nonie-darwish-son-temoignage_news?start=332#.UaIZtEBM_oJ )Dr Salem Ben Ammar, Dr Seham Saneya Abdel-Salam, Dr Sami aldeeb, Mehdi Lamrani Nonie Darwish, Kacem El Ghazzali,Mus’ab Hassan Yousuf , Ahmed Assid, Abdallah Abou Sharkh, Joseph Fadelle, Walid Shoebat qui a déclaré que l’islam est d’abord est un système politique avant d’être religieux.

    Les musulmans qui sont vraiment réformateurs et rejettent les 11 valeurs sont trop rares et ils sont qualifiés d’apostats

    Deux exemples:de musulmans vraiment réformateurs
    http://www.nuitdorient.com/n3249.htm et http://blog.sami-aldeeb.com/2011/02/18/une-musulmane-qui-a-procede-a-la-reforme-de-lislam/

    Par contre les autres musulmans, bien analysés par un fils d’Oulema ex-musulman ( http://blog.sami-aldeeb.com/2013/02/07/musulmans-en-carton-ecoutez-le-sens-du-coran-lisez-le-et-comprenez-ce-que-vous-lisez/ ) qui a traduit le coran en anglais et allemand peuvent être répartis en 2 grande catégories:

    1) ceux qui connaissent les valeurs, et l’histoire de l’islam (http://islamfrance.free.fr/coran.html ou http://islamfrance.free.fr/analytique.html) et 2) ceux qui ne les connaissent pas et croient de bonne foi que leur religion est “une bonne religion de paix et de tolérance”. Il est étrange de constater qu’on mentionne très rarement la manière dont s’est propagée l’islam à la mort de Mahomet en 632 quand il recouvrait qu’un grosse moitié de l’Actuelle Arabie Saoudite.

    Dans 1) (ceux qui savent) il y a ceux qui veulent imposer l’islam par la force, ceux qui veulent l’imposer par la ruse et le mensonge et ceux qui ont peur et qui “suivent” par crainte de représailles.

    • Enzo Clark

      Je suis d’accord avec toutes vos observations, toutes ces violences sont à condamner sans la moindre exception.
      Le Christianisme aussi a connu une phase d’excès meurtrier en tout point identique à ce que l’Islam connaît aujourd’hui. Le Christianisme a lui aussi été politique. Et ça a été contrôlé. Il a été contrôlé parce que l’influence culturelle n’avait pas qu’une seule source, il y avait aussi des philosophes et des orateurs non-chrétiens. C’est ce qui a abouti à l’émergence de l’idée de la laïcité. C’est par la pédagogie et la philosophie que les mentalités évolueront.
      Je dissocie culture et religion politisée en faisant le parallèle avec ce qu’il s’est passé en France: l’Eglise contrôlait tout, puis les courants philosophiques ont rendu la religion plus digeste politiquement, plus en accord avec les lois de la République. Finalement, ce sont les philosophes qui sauvent les religions en dénonçant leur lecture des écrits religieux à la lettre, justifiant des violences, sans en respecter l’esprit et les principes fondateurs. Voilà qui nous mène à l’idée que le Pape n’exprime pas la religion chrétienne dans son essence la plus pure, mais ne représente qu’une interprétation personnelle de celle-ci. Tous les Chrétiens ne sont pas en accord à 100% avec tout ce que les papes disent. D’ailleurs, disent-ils tous la même chose?
      Jamais Jésus Christ n’a milité pour la protection juridique des embryons. L’aurait-il fait? Prendra-t-on le risque de faire de l’Histoire-fiction? C’est le travail de l’écrivain, et celui de l’idéologue. Pas celui du véritable philosophe qui veut comprendre ce que veut l’être humain, dans le fond. Je trouve important de ne jamais s’éloigne du but de toute réflexion, de toute démonstration: ce qu’on veut, c’est la liberté; ce qu’on refuse, c’est la violence.

      • Adel Atika

        Vous êtes vraiment un sacré enfoiré de rejeter la faute sur l’occident qui n’accepterait pas l’islam à sa juste valeur, vous vous foutez de la gueule de qui sérieusement ? Signé un ex-musulman qui sait de quoi il parle contrairement à vous, pauvre fou !!!

      • Enzo Clark

        Cher Adel Atika,

        Vous m’avez visiblement mal compris. Il ne s’agit pas d’appréciation de valeurs mais d’un questionnement sur l’usage de la force contre une autre culture qui présuppose deux camps et qui présuppose la nécessité d’un conflit entre ces deux camps.

        Cordialement.

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