Surinterprétation – A la recherche du vrai sens des mots

Lors d’une conversation avec mon camarade Mohamed, il m’a dit avec humour que je devrais viser la simplicité dans mes raisonnements. Quand j’étais en CP, on me disait déjà que j’avais « l’esprit biscornu ». Depuis, rien ne s’est arrangé, tout s’est empiré, jusqu’à me faire adopter des attitudes analytiques tantôt psychologiquement effrayantes pour les uns, tantôt intellectuellement absurdes pour les autres. Dans un premier temps, j’ai voulu confirmer cette complication intellectuelle, qui semble être le noyau dur de ma personnalité, malgré le temps qui passe. « Je préfère la complexité à la simplicité ». Toutefois, esclave de cet esprit biscornu que je voulais revendiquer avec amusement, j’ai décidé de jouer sur les sonorités proches des mots « complexité », « complicité » et « simplicité » : « je préfère la complicité à la simplicité ».
Est-ce que cette nouvelle phrase avait le même sens que ma phrase précédente ? Est-ce qu’il y avait encore du sens dans cette deuxième phrase ?

Si l’on peut facilement accepter de concevoir la différence entre les stricts opposés « complexité » et « simplicité », il est intéressant (si si, ça l’est) de mettre en parallèle les termes « complicité » et « simplicité » : est-ce qu’il y a la possibilité de faire une dissociation entre ces deux mots ?
A priori, « complicité » et « simplicité » ne sont pas les contraires l’un de l’autre. Cependant, l’usage du verbe « préférer » présuppose un choix, donc une dissociation entre deux mots qui n’ont pas le même sens, sinon on ne pourrait pas préférer l’un à l’autre car il n’y aurait aucune différence. Une préférence implique une dissociation sémantique, elle en est une.
Pour comprendre les différences entre deux mots, il faut d’abord comprendre les mots séparément. Remonter au point zéro de l’histoire du mot se fait par l’analyse de sa racine étymologique.
« Complicité » et « simplicité » ont le même radical : « plexplicis », qui désigne « un tout divisé en parties » (comme un pliage composé de plusieurs parties). On remarque alors que « complexe » / « complexité » et « complice » / « complicité » ont la même étymologie. « Complice » a été utilisé pour la première fois en 1327 (avec l’orthographe « complisse ») pour désigner « celui qui s’associe à quelqu’un pour commettre un méfait », donc l’union de deux personnes pour constituer un ensemble. La première occurrence du mot « complexe » remonte à 1564, faisant quant à lui référence à « un ensemble » de plusieurs critères : un concept est « complexe » quand on le qualifie avec plusieurs données. Plus tard, en 1927, Freud utilise le mot « complexe » pour désigner un système analytiquement déconstruit en plusieurs parties, ce système étant celui de la pensée humaine en psychanalyse.
La dissociation sémantique (ou différence de sens) entre « complice » et « complexe » est ténue puisqu’ils expriment tous les deux la même idée, celle d’ « une partie en relation avec une autre pour faire un tout ». Malgré leur dénotation similaire, l’existence des mots se justifie par leurs connotations (contextualisation) différentes : l’un juge la relation entre deux personnes au travers d’un regard moral, l’autre associe des entités au travers d’un regard sans jugement moral.

Puisque « complicité » et « simplicité » ont le même radical (l’idée de divisions, de « pliage »), on peut s’attendre alors à trouver tout naturellement une distinction s’opérant au niveau de leur préfixe.
Si le préfixe « com- », dans « complice » et « complexe », annonce des concepts « complexes » (il est assez cavalier d’expliquer un préfixe en utilisant un mot qui l’utilise lui-même) qui sont intellectualisés et divisés en sous-concepts, « sim- » devrait exprimer au contraire des concepts qui sont non-intellectualisés et non-divisés en sous-concepts, et donc désigner des choses « simples » et non-plurielles. C’est alors que l’on fait une découverte pour le moins inattendue.
« Complicité » et « simplicité » n’ont pas le même préfixe. Le premier utilise le préfixe latin « cum », qui signifie « avec ». Mais le second utilise le préfixe grec « syn », qui signifie également « avec »Eh bah ça alors ! Si les deux analyses étymologiques révèlent deux fois le même sens, « un tout avec plusieurs parties »,  il est étonnant que les deux mots ne soient en fait pas de parfaits synonymes. La seule différence morphologique étant l’origine du préfixe, latin pour l’un et grec pour l’autre, voyons si l’origine du préfixe a une incidence sur sa valeur lexicale dans le mot.
Le mot et l’idée, c’est un peu comme l’œuf et la poule. Sans le mot pour exprimer l’idée, l’idée n’a pas de consistance linguistique compacte. Mais sans la volonté de compacter des idées en un seul signe linguistique, l’existence au préalable du mot n’aurait pas de sens : on a besoin de mots pour exprimer des idées et on a besoin d’idées pour exprimer des mots (sauf dans quelques cas télévisuellement recensés). Nos mots donc nos idées et nos idées donc nos mots constituent notre culture civilisationnelle. Nous puisons notre conception du monde dans l’héritage linguistique et philosophique de nos ancêtres Gréco-Romains. Du XIIème au VIIIème siècle avant notre ère, la Grèce Antique a été le premier grand pôle d’influence à l’échelle de l’Europe. Ensuite, de -27 à 476 après J.-C., c’est l’Empire Romain qui a repris le flambeau de la suprématie continentale, tant militaire que philosophique.
Au début du Moyen-Âge, le monde des idées se redynamise et on a besoin de nouveaux mots : on décide alors de se référer à la culture latine. Ainsi, « complicité », avec le préfixe latin « cum », a été inventé en 1420, soit 20 ans avant l’invention de l’imprimerie de Gutenberg, première date transitoire proposée par les historiens pour délimiter Moyen-Âge et Renaissance. A la Renaissance, une nouvelle mode se popularise : on réexplore la culture grecque à son apogée, d’où on tire alors l’inspiration pour créer des nouveaux mots, parmi lesquels « simplicité », avec le préfixe grec « syn », qui a été créé en 1538, soit 21 ans après l’initiative de reforme du protestantisme par Martin Luther, dernière date transitoire proposée par les historiens pour délimiter Moyen-Âge et Renaissance.
Il y a une symétrie morphologique : les préfixes ainsi que les radicaux des termes « complicité » et « simplicité » répondent à l’équation étymologique « avec +  un rassemblement d’unités ». Les préfixes, d’origines linguistiques différentes, s’expliquent donc par l’époque de création des termes. Pour comprendre comment les concepts, pluriel de « complicité » et singulier de « simplicité », réussissent à être des contraires malgré leur concordance étymologique, il faut adopter un recul philosophique de type dialectique.

Un groupe d’unités implique deux concepts : le groupe et l’unité. D’un point de vue externe, un groupe n’est pas l’unité qu’il contient mais, par définition, est ce qui contient plusieurs unités. D’un point de vue interne, un groupe ne peut être une unité vide d’autres unités, il faut plusieurs unités pour constituer un groupe. Mais si on adopte un point de vue externe de niveau supérieur, un groupe est également  une unité : non plus une unité similaire à ce qu’il contient, mais une unité en parallèle à d’autres unités avec lesquelles il constitue un groupe.
Qu’est-ce qui est simple et complexe ? Est-ce que cette question est simple ou complexe ? Rien n’est simple ou complexe par essence. La seule différence entre « simple » et « complexe » réside dans le point de vue : ce qui est complexe peut être simple pour quelqu’un d’autre, ce qui est simple peut être complexe pour quelqu’un d’autre. Ce qui est simple est considéré comme compris, maîtrisé. Ce qui est complexe empêche cette impression de maîtrise, créant un malaise intellectuel. Afin de résoudre ce malaise, il faudra réaliser un travail intellectuel à l’issue duquel on pourra s’expliquer ce qui n’était pas maîtrisé. Une fois compris, le concept apparaîtra moins complexe, plus simple. En fait, quelque chose de simple n’est rien d’autre qu’une chose complexe comprise. Celui qui trouve quelque chose complexe, et pas simple, a déjà commencé un travail d’analyse malgré lui mais n’est pas arrivé au bout du processus de compréhension. Celui qui comprend quelque chose de complexe peut trouver également cette chose simple : un professeur pourra expliquer quelque chose de complexe et le rendre simple aux yeux de ses élèves qui auront compris quelque chose de complexe et donc, en la considérant comme maîtrisée, trouveront la chose simple.
Pourtant on peut trouver des choses simples, les comprendre et être en paix, et se faire dire que l’on se trompe dans son adhésion à une perspective « trop simple », simpliste. Les athées réfutent les théories religieuses car ils contestent la compréhension du monde au travers de concepts religieux. Comprendre n’est pas détenir la vérité absolue, c’est une approche intellectuelle qui considère quelque chose comme simple et qui donc fait cesser le questionnement, donc le malaise intellectuel causé par l’instabilité des idées. Quand on considère quelque chose comme simple, il n’y a pas de malaise intellectuel. C’est pourquoi chaque explication à laquelle on adhère nous semble être la bonne puisqu’elle apaise intellectuellement. Si le doute est chassé, on ne le recherchera pas car le doute fait souffrir intellectuellement en troublant l’image que l’on a du monde. Sans image claire du monde, on n’a pas d’inspiration pour décider comment entrer en interaction avec lui. Pour avoir une image claire du monde, on a besoin de mots pour réfléchir et exprimer cette réflexion. Les mots « simples » et « complexes » sont des réflexions subjectives de leurs créateurs qui se servent de la langue pour exprimer un point de vue et commenter leur exploration intellectuelle du monde, se révélant à la fois à l’échelle de leur discours mais également à l’échelle du mot choisi.

C’est sur ce rejet du doute que les idéologies se fondent, en proposant des réponses, répondant à des principes, des dogmes. Ces dogmes offrent une perspective : on ne peut pas remettre en question les dogmes car cela voudrait dire que l’on a une perspective différente et que donc on n’y adhère plus. Les réponses empêchent de se reposer les questions. Les seules questions qui peuvent protéger une idéologie sont des questions présupposant cette idéologie, les questions orientées. Si la réponse ne convient pas, on reposera la question, autrement, pour avoir une autre réponse. Le philosophe adopte une démarche de questionnement systématique et ne peut donc, en théorie, adhérer à aucune idéologie qui le maintiendrait en position immobile.
Le philosophe qui ne donne que des réponses cesse d’en être un et devient un prêcheur de vérité, comme un prêtre ou un chef de parti politique. Si le philosophe peut être un militant, alors tout le monde est philosophe. La condition sine qua non pour être un philosophe est de ne pas avoir une opinion exprimée de manière autoritaire comme étant la seule acceptable et qui, donc, ne cherchera pas à faire changer d’avis les autres. Ma définition est la suivante : le philosophe est la personne qui n’utilise jamais la violence et cherchera à la désamorcer dans chacun de ses discours, car la violence est ce qui empêche les gens d’être libres d’être des philosophes comme lui. La censure par la violence physique (emprisonnement, peine de mort) ou le conditionnement (propagande des médias, pression conduisant à l’autocensure) est du totalitarisme qui ne sert qu’une seule idéologie. Il est partial et aisé de soutenir un totalitarisme qui est de son côté. Le philosophe, à mon sens, doit être quelqu’un de suffisamment pacifique pour ne pas céder au manichéisme séparant le monde en deux camps : ceux qui pensent comme lui et ceux qui pensent contre lui. Le philosophe qui refuse d’être dans un camp ne sera jamais en opposition violente contre quiconque. En faisant l’effort de comprendre ce qui est différent, le philosophe n’utilisera jamais la violence pour punir la différence.
Celui qui a pensé le mot et le concept de « complexité » a voulu définir une situation similaire à celui qui a pensé le mot et le concept de « simplicité ». Si le premier individu ne connaissait pas le mot du second, c’est le hasard qui l’a fait construire un mot sur le même schéma : préfixe « avec » (grec/latin) + radical « plusieurs éléments/pliage ». Toutefois, l’usage d’un préfixe grec et d’un radical latin peut sembler incohérent. On peut alors penser que le créateur du mot « simple » a, certes, exprimé la même idée que celui qui a créé le mot « complexe », mais il a refusé de partager son point de vue, et a donc opéré une nuance morphologique, le préfixe grec « syn » au lieu du préfixe latin « cum », faisant écho à l’antique rivalité entre Grecs et Romains.
De la même manière, j’ai voulu exprimer « je préfère la complexité à la simplicité » mais j’ai refusé de sortir cette phrase qui m’aurait associé à une masse de personnes. J’ai voulu mettre en avant ma singularité. La phrase que je voulais dire me semblait manquer de relief, manquer de caractère. Je l’ai trop entendue et, à force, son aspect subversif s’est galvaudé. J’ai donc utilisé le mot « complicité » qui, en ressemblant à « complexité », ne cryptait pas trop la phrase. Donc on comprenait ce que je voulais dire. J’ai exprimé la même chose mais autrement. J’ai seulement voulu être original afin d’affirmer mon identité en ne disant pas ce que « n’importe qui » aurait dit. J’ai probablement anticipé un procès d’intention (en réalisant moi-même un procès d’intention, par la même occasion) par des gens qui auraient trouvé la phrase peu originale, et m’auraient donc trouvé moi-même peu original. Mais en faisant cela, je n’ai pas pu empêcher des gens de me trouver prétentieux ou faussement original. L’attitude idéale, en excluant l’autocensure, est donc de ne pas fuir l’irrespect ou le mépris fantasmés, mais de dire ce qu’on veut comme on veut, avec ignorance et innocence, et de voir ensuite s’il y a des conséquences et matière au dialogue.

Il faut garder à l’esprit que je n’ai rien voulu exprimer dans ma phrase. J’ai juste voulu faire un jeu de mots. J’ai changé le mot « complexité » en « complicité », parce qu’il rimait avec « simplicité ». De la même façon, j’aurais pu garder « complexité » et changer « simplicité » en « simplexité », mais je ne connaissais pas ce mot.
Une analyse intellectuelle est une interprétation personnelle de ce que l’énonciateur a dit. Une interprétation, c’est la création d’un sens, une appropriation des mots. Si on ne demande pas son avis à l’énonciateur, si on n’étudie pas sa façon de penser, on est dans le fantasme, le transfert : on s’exprime soi-même via l’interprétation d’un texte qui importe peu puisqu’il est instrumentalisé comme un prétexte. En cherchant un sens profond à ma phrase, on surinterprète mon propos. Je n’ai réfléchi qu’à la forme, mon attention portée sur le fond était dérisoire. Seul moi-même pouvais écrire cet article et émettre des hypothèses viables dans la mesure où elles n’auraient pas trahi la réalité autant qu’une pseudo-psychanalyse par quelqu’un d’autre. C’est d’ailleurs le conseil des professeurs de lettres : ne pas psychologiser les personnages ou le narrateur ou l’auteur, car on en dirait plus sur soi-même que sur eux. J’étais le seul à être sûr à 100% qu’aucun message profond n’était véhiculé dans cette phrase.
Tout travail sur le sens d’un message s’apparente à un procès d’intention qui, tout comme un vrai procès dans un tribunal, s’appuie sur des éléments concrets, des matériaux tangibles qui peuvent peser dans la balance pour défendre une interprétation plutôt qu’une autre. A l’issue d’un procès ou de n’importe quel processus analytique, on arrête de douter car on a fini de réfléchir pour décréter un angle d’interprétation d’un propos : on peut juger et se tromper, mais on en a au moins la légitimité intellectuelle puisqu’on est passé par le doute.
Le procès d’intention peut faire insulter un auteur considéré comme nazi sans se préoccuper du texte lui-même (qui ne sera jamais honnêtement lu) : lire de la poésie écrite par Robert Brasillach est aujourd’hui devenu un acte de provocation. Ce ne plus être dans la critique littéraire mais le jugement humain. Celui qui lit du Brasillach est suspect, celui qui aime sa poésie est devenu carrément un criminel. Est-ce qu’un bon travail artistique ne l’est plus si le jugement personnel sur l’auteur change ? Peut-être que tous les artistes, intellectuels et scientifiques que vous respectez ont eu un passé de nazi ou ont des propos que des nazis auraient pu tenir. Cette remise en question des vies entières des gens est devenue une grande modeLes jugements rétrospectifs, sans la compréhension du contexte historique ou connaissance de la vie privée, conduisent à avoir une opinion sur la moralité de personnes qui n’avaient pourtant jusque là jamais posé de souci. En conséquence, on se met à refuser d’avoir un avis objectif sur leurs compétences professionnelles et techniques car on a peur de devenir ou sembler trop conciliant avec la moralité de la personne. Pour les fanatiques idéologiques, ne pas être contre et être pour est la même chose. A cause de cette pression morale, on doit se défendre à coups de malhonnêteté intellectuelle, défendre une thèse pré-établie, pour que l’interprétation d’un texte soit supportable pour l’auditoire. En France, c’est ce qu’on appelle la bien-pensancec’est une opinion à apprendre, une pensée orientée. Pas une réflexion libre.
Toutefois, il n’existe pas que des procès d’intention qui sanctionnent. Il y en a des flatteurs : dans le cadre, par exemple,  de la surestimation intellectuelle d’un auteur. Un étudiant peut aller très loin dans l’analyse personnelle d’un texte. Son interprétation peut paraître délirante. S’il est dans le vrai, il a tout compris à l’auteur. S’il se trompe, il devient un nouveau créateur de sens. Mais, à moins d’avoir l’avis de l’auteur, on ne peut pas savoir. Si on veut rester humble et mesuré, une interprétation n’est rien d’autre qu’une nouvelle création, en réaction à un stimulus intellectuel.

En analysant ma propre phrase, anodine et sans la moindre profondeur intentionnelle, j’ai pensé aux monochromes et aux tableaux contemporains réalisés à base d’excréments. Est-ce que les vrais génies ne sont pas ceux qui regardent du caca et y voient du sens sans même connaître l’intention de celui qui a déféqué sur sa toile ? Est-ce que les vrais créateurs ne sont pas ceux qui sont capables d’écrire des articles entiers inspirés par un carré rouge qui a été peut-être peint en deux minutes avec un rouleau de peintre en bâtiment ? Vouloir étudier les intentions de l’auteur, est-ce que ce ne serait pas se leurrer en présupposant qu’il en avait vraiment ? Est-il plus important de trouver la vérité d’un texte ou d’une œuvre d’art, ou bien d’en tirer des bienfaits intellectuels et spirituels, quelle qu’en soit l’issue ? Faut-il avoir raison dans sa compréhension ou être heureux de son interprétation ? N’est-il pas plus utile de faire de l’art que de le juger ?

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